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1. Les Bach, essentiellement Johann Sebastian & Carl Philipp Emanuel : Suite — Concertos — Symphonie

2. L'Harmonie dans la Diversité — Musique orchestrale allemande, autour de 1700 : Muffat, Mayr, Pez

3. Reinhard KEISER, Brockes-Passion

4. Water Musics — Händel, Vivaldi, Telemann

5. Giovanni Battista PERGOLESI

6. Antonio VIVALDI, Gloria e Imeneo


Les Bach, essentiellement >> télécharger la présentation du programme
Johann Sebastian (1685-1750) & Carl Philipp Emanuel (1714-1788) :
Suite – Concertos – Symphonie pour orchestre à cordes

Au programme
J. S. BACH Suite n° 3 en ré majeur (BWV 1068a) pour cordes et bc
J. S. BACH Concerto en la mineur (BWV 1041) pour violon, cordes et bc
C. P. E. BACH Concerto en si bémol majeur (Wq.171) pour violoncelle, cordes et bc
C. P. E. BACH Sinfonia en mi mineur (Wq. 177) pour cordes et bc

Effectif
violon solo, violoncelle solo
cordes et basse continue (14 musiciens)


« C’est dans l’auto-limitation qu’un maître se montre d’abord lui-même ». L’exactitude de cette célèbre phrase de Goethe comme observation du grand art est largement illustrée par la qualité de la musique présentée dans ce programme ; de plus, l’idée du « moins est plus » s’est avérée être un principe très efficace, adopté par Les Muffatti lors de leur sélection des oeuvres.
Aucune autre famille n’a, dans l’histoire de la musique occidentale, engendré tant d’excellents musiciens et compositeurs que la famille BACH, originaire de Thuringe en Allemagne centrale. Les activités musicales des BACH couvrent la période allant du milieu du 16e siècle jusqu’à la fin du 19e siècle. L’accès à un aussi vaste répertoire de musique extraordinaire rendant difficile la tâche de composer un programme de concert, Les Muffatti ont décidé de doublement se limiter aux deux Bach du 18e siècle età des œuvres pour orchestre à cordes.
La troisième suite pour orchestre BWV 1068 de Johann Sebastian est probablement la mieux connue dans sa version festive et chargée de 1730-1731, avec trompettes, timbales et hautbois. Les chercheurs s’accordent cependant pour dire qu’elle fut à l’origine composée pour cordes seules (Coethen, vers 1718), et c’est sans conteste cette version plus sobre qui révèle de la façon la plus subtile toutes les nuances d’affects, les contrastes rythmiques et les textures polyphoniques raffinées.
Le concerto BWV 1041 existe également en deux versions : l’une pour violon et cordes, composéeà Leipzig vers 1730 ; et l’autre dans un arrangement légèrement plus tardif (Leipzig, 1738) pour clavecin et cordes (BWV 1058). Ce n’est pas de la couleur contrastante du clavecin que nous avons besoin ici pour ressentir et apprécier pleinement le raffinement du dialogue complexe et captivant entre le solo et le ripieno, mais plutôt de la capacité du violon à tout d’abord se mêler complètement au tutti pour ensuite s’en distancier avec des phrases lyriques et des passages virtuoses, ce qui constitue clairement l’essence rhétorique de ce concerto.
Les trois concertos de Carl Philipp Emanuel, à l’origine composés pour violoncelle et cordes, furent écrits peu après 1750, l’année de la mort de son père, et année qui marque traditionnellement la fin officielle de la période baroque. Dans ce contexte, le concerto Wq.171 est extrêmement représentatif, puisque ses trois mouvements peuvent être considérés comme l’illustration idéale des trois principaux styles musicaux en vogue dans l’Allemagne post-baroque : galant, Empfindsamkeit et Sturm und Drang (naissant).
La symphonie Wq.177, composée en 1756, ne fut pas seulement la plus populaire des symphonies de Carl Philipp Emanuel, mais aussi l’une de ses préférées. Dans ces oeuvres, le compositeur démontre abondamment sa compréhension de la relation entre la contrainte et le métier, sa capacité à réconcilier nature et art (tout comme Goethe le voulait) et son aptitude à combiner sans effort un impact purementémotionnel avec une conception formelle délibérément rationnelle. Il révèle à quel point il s’est déjà distancé des idées baroques cérébrales de son père pour déjà se rapprocher des idéaux esthétiques du pré-romantisme.


L'Harmonie dans la Diversité >> télécharger la présentation du programme
Musique orchestrale allemande, autour de 1700 : Muffat, Mayr, Pez

Au programme
Johann Christoph PEZ
Ouverture en si bémol majeur (R. 9)
pour deux hautbois, basson, cordes et basse continue
Georg MUFFAT
Sonata n° 5 en sol majeur (Armonico Tributo)
pour deux violons, violoncelle, cordes et basse continue
Rupert Ignaz MAYR
Suite n° 1 en fa majeur (Pythagorische Schmids-Füncklein)
pour cordes et basse continue
Georg MUFFAT Concerto n° 6 en la mineur (Ausserlesene Instrumentalmusik)
pour deux violons, violoncelle, cordes et basse continue
Johann Christoph PEZ Concerto grosso / Sinfonia en sol mineur (R. 18)
pour deux hautbois, basson, cordes et basse continue

Effectif
vents, cordes et basse continue (19 musiciens)


Ce programme est dédié à un moment charnière de l’histoire musicale européenne. Il est à la fois surprenant et regrettable que ses protagonistes ne soient pas plus largement célèbres et leurs réalisations plus généralement reconnues. Rupert Ignaz MAYR (1646-1712), Georg MUFFAT (1653-1704) et Johann Christoph PEZ (1664-1716) furent en effet les véritables architectes d’un idéal esthétique (de surcroît aux dimensions sociale et politique explicites) qui constitua bientôt les bases et l’essence-même du style musical allemand du 18e siècle. Ils furent les premiers à réaliser et à promouvoir avec enthousiasme la fusion des goûts musicaux italien et français dans la composition et dans l’interprétation, ce qui eut pour résultat la création de certaines des pages orchestrales les plus splendides, diversifiées et émouvantes de toute la période baroque.
Les œuvres de ce programme présentent à la fois des suites et des concertos ; la fête et l’élégance françaises alternent constamment avec la mélancolie et le cantabile italiens, et le tout porte la signature reconnaissable entre toutes de la solide facture allemande.


Reinhard Keiser, Brockes-Passion >> télécharger la présentation du programme
(version de Copenhague)

Au programme
Reinhard KEISER Der für die Sünde der Welt gemarterte und sterbende Jesus
(Brockes-Passion)

Effectif
3 sopranos, 2 altos, 3 ténors, 3 basses (11 chanteurs)
vents, cordes et basse continue (22 instrumentistes)

Durée du programme
+/- 2 heures


Lorsque les génies de deux grands artistes se mêlent en une œuvre unique, le résultat ne peut être que spectaculaire. Et lorsque, par un étrange tour de l’histoire, un chef-d’œuvre musical de ce niveau reste de nos jours largement dédaigné au concert comme à l’enregistrement, l’approche du tricentenaire de sa création justifie un hommage tardif mais néanmoins dithyrambique.
C’est exactement ce qu’avaient en tête les instrumentistes de l’ensemble LES MUFFATTI et les chanteurs de l’ensemble VOX LUMINIS lorsqu’ils planifièrent une série de concerts associée à l’enregistrement de l’œuvre Der für die Sünde der Welt gemarterte und sterbende Jesus, oratorio de la Passion au livret écrit par Barthold Heinrich BROCKES (1680-1747) et mis en musique par Reinhard KEISER (1674-1739). Il fut écrit, composé et joué pour la première fois à Hambourg en 1712.
Dans l’histoire littéraire allemande, Brockes est avant tout connu pour son rôle innovant au cours du second quart du 18e siècle, lorsque les idéaux esthétiques traditionnels, baroques, se firent plus modernes,« éclairés ». Ce fut son premier texte poétique majeur, un livret très expressif et dramatique sur la Passion du Christ, qui lui conféra également une place importante dans l’histoire de la musique. Cette Brockes- Passion jouit d’une popularité ininterrompue durant tout le 18e siècle : pas moins de onze compositeurs, dont Händel et Telemann, la mirent en musique. Mélange de paraphrase poétique du récit biblique compilé à partir des quatre évangiles et de textes nouvellement écrits dépeignant l’engagement personnel des fidèles, la Brockes-Passion peut être considérée comme l’archétype de l’oratorio de la Passion allemand. A ce titre, elle servit de modèle et de source d’inspiration pour de célèbres chefs d’œuvres plus tardifs, tels que les grandes passions de Bach ou les oratorios anglais de Händel.
De toutes les mises en musique de la Brockes-Passion, celle de Keiser est non seulement la première, mais aussi celle qui serre au plus près le grand pouvoir rhétorique et les riches changements d’affects du texte du poète. Elle comprend également le tableau complet des vingt-deux caractères dramatiques prévus par le livret. En 1712, avec à son actif près de quarante œuvres scéniques, Keiser, concitoyen de Brockesà peine plus âgé que lui, était déjà reconnu comme le compositeur d’opéra le plus important d’Allemagne – et pour certains même d’Europe. L’impact dramatique profond de ses récitatifs, la richesse apparemment inépuisable des idées mélodiques de ses arias, sa maîtrise profonde de la couleur orchestrale et son aversion pour le contrepoint complexe sont autant de signatures caractéristiques de l’art de Keiser. Tout cela, ajouté à une écriture chorale splendide, est abondamment présent dans sa superbe mise en musique de la Brockes-Passion.
Les sources disponibles ne permettent pas une reconstruction fidèle de la version originale qui fut donnée à la maison de Brockes le 27 mars 1712. En 2010 cependant, la maison d’édition allemande Musica Poetica publia une édition moderne basée principalement sur une source manuscrite préservée à la bibliothèque de l’Université de Copenhague. Le manuscrit est probablement lié à une représentation de laBrockes-Passion de Keiser à Copenhague en 1721 et c’est cette version que LES MUFFATTI et VOX LUMINIS sont fiers de présenter aujourd’hui.


Water Musics >> télécharger la présentation du programme
Georg Friedrich Händel – Antonio Vivaldi – Georg Philipp Telemann

Au programme
Programme long :  
Georg Friedrich HÄNDEL Water Music : suites en fa majeur (HWV 348) et ré majeur (HWV 349)
Antonio VIVALDI motet In turbato mare irato en sol majeur (RV 627)
Georg Philipp TELEMANN suite Hamburger Ebb’ und Flut en do majeur (TWV 55:C3)
   
Programme court :  
Georg Friedrich HÄNDEL Water Music (HWV 348-350)

Effectif
mezzo-soprano
vents, cordes et basse continue (26 musiciens)


Ce programme réunit les trois compositeurs les plus innovants et productifs du début du 18e siècle. Georg Friedrich HÄNDEL (1685-1759), Antonio VIVALDI (1678-1741) et Georg Philipp TELEMANN (1681-1767) furent respectivement actifs dans les villes de Londres, Venise et Hambourg. Ces trois cités étaient à l’époque des centres culturels et musicaux de premier plan, mais aussi des puissanceséconomiques maritimes majeures. Il n’est donc pas surprenant qu’à un certain moment de leur carrière, les trois compositeurs choisirent l’élément de l’eau comme source d’inspiration artistique. La différence qui réside entre leurs approches est fascinante, et c’est précisément cette différence qui donne naissanceà un programme de concert diversifié, vif et effervescent.
L’œuvre la plus programmatique est sans nul doute la suite Hamburger Ebb’ und Flut que Georg Philipp TELEMANN composa à l’occasion du centenaire de l’Amirauté hambourgeoise en 1723. La partie centrale de la suite est constituée de sept mouvements de danses mettant en scène les créatures marines les plus importantes de la mythologie classique. Cette partie centrale est précédée d’une Ouverture dans laquelle Telemann dépeint magistralement, à la suite l’un de l’autre, le calme, la fureur et les marées de la Mer du Nord, avec un réalisme que nous ne trouverons que dans les poèmes symphoniques romantiques du 19e siècle, comme la Moldau de Bedrich Smetana. La suite se conclut de façon légère, évoquant l’atmosphère populaire du port de Hambourg à l’époque.
Dans la musique d’Antonio VIVALDI, l’eau est un thème récurrent ; songeons simplement aux gouttes de pluie dans le célèbre second mouvement de L’inverno (L’Hiver) ou aux différentes versions de son concerto La tempesta di mare. Dans deux de ses motets, In turbato mare irato et Sum in medio tempestatum, composés tous les deux autour de 1730, Vivaldi se sert d’un « Natureingang » très traditionnel dans l’univers chrétien, où l’abandon de l’âme humaine est comparé à une frêle embarcation en proie aux vagues déchaînées de la mer. L’invocation de la Vierge Marie, ici au titre de Stella Maris (Etoile de mer), s’inscrit dans la même tradition : un phare, une lueur d’espoir, le guide le plus fiable pour l’humanité qui aspire au repos de son âme.
De toutes les musiques baroques dédiées à l’eau, la plus célèbre est incontestablement Water Music de Georg Friedrich HÄNDEL, mais le plus curieux dans l’affaire est que l’eau ici ne constitue en réalité en aucune manière le véritable thème de ces somptueuses suites orchestrales. Cette œuvre de Händel ne doit en réalité son nom qu’au seul fait qu’elle fut exécutée sur l’eau, la Tamise en l’occurrence, à l’occasion d’un voyage royal en bateau de Whitehall à Chelsea le 17 juillet 1717. La maîtrise de Händel transparaît surtout au travers de l’incroyable diversité d’humeurs qu’il parvient à créer, par le biais notamment du recours à une orchestration particulièrement riche en couleurs ; le noyau traditionnel que constituent les cordes s’enrichit du lyrisme des hautbois, de l’exubérance des cors, de la douceur des flûtes traversières, de l’acuité de la flûte à bec soprano et de la pompe triomphante des trompettes.


Giovanni Battista PERGOLESI >> télécharger la présentation du programme


Au programme
Giovanni Battista PERGOLESI Sinfonia en ré majeur extraite de Lo frate ’nnamorato
pour cordes et basse continue
  Cantate Nel chiuso centro
pour soprano, cordes et basse continue
  Concerto en si bémol majeur
pour violon, cordes et basse continue
  Stabat mater en fa mineur
pour soprano, alto, cordes et basse continue et fa mineur

Effectif
soprano, alto
violon solo
cordes et basse continue (15 instrumentistes)

Durée du programme
90 minutes de musique


L’année 2010 a célébré le 300e anniversaire de la naissance de Giovanni Battista PERGOLESI (1710- 1736), l’un des seuls compositeurs baroques dont des œuvres (quoique peu nombreuses) ont été admirées et interprétées sans interruption jusqu’à nos jours. Imaginons l’impact qu’aurait eu sa musique s’il n’était pas décédé prématurément à l’âge de 26 ans ! La qualité de sa production musicale, contenue dans un laps de temps n’excédant guère six années, relève du miracle, pour un compositeur atteint de surcroît, paraît-il, de difformité physique et de tuberculose, maladies qui allaient finalement lui être fatales. Instruit dans les années 1720 au Conservatorio dei Poveri de Gesù Cristo à Naples, c’est à l’opera buffa que Pergolesi apporta sa plus grande contribution. Le terrain de la musique religieuse s’avèrera cependant le plus propice à l’entière expression de son génie.
Dans la première partie du programme, l’attention est portée à des pièces de l’œuvre de Pergolesi dont les concerts modernes sont peut-être moins familiers.
La Sinfonia introductive de l’opéra comique Lo frate ’nnamorato a été interprété en 1732 pour la première fois et a immédiatement joui d’un accueil sans précédent. La gaieté exubérante des mouvements rapides comme la cadence poignante du mouvement lent cadrent bien avec la légèreté caractéristique de l'opera buffa.
Que Pergolesi aie été tout aussi efficace dans la musique de théâtre sérieux est démontré ici par une de ses dernières œuvres, la cantate Nel chiuso centro (Orfeo), qui pourrait raisonnablement être considérée comme une sorte d'opera seria bref, plein d’affects contrastés profondément humains et des techniques de composition correspondantes.
Le brillant Concerto pour violon et orchestre en si bémol majeur, l’une des rares œuvres instrumentales de Pergolesi que nous ayons conservées, nous rappelle que le compositeur avait avant tout bénéficié d’une formation de violoniste virtuose. Les deux mouvements rapides sont écrits dans un style galant typiquement napolitain de la symphonie naissante, tandis que le second mouvement, une siciliana lente, réfère au pathos de l’opéra.
Le Stabat mater a inspiré nombre de compositeurs et produit vraisemblablement les pages les plus poignantes de l’histoire de la musique. Rien d’étonnant pour un texte dont les maîtres mots sont douleur, pleurs, gémissements, tristesse, anéantissement, chagrin, supplice, tourment et mort. Comment demeurer indifférent à la souffrance d’une mère assistant à l’agonie de son fils ? Giovanni Battista Pergolesi est assurément l’auteur de l’une des transpositions musicales les plus célèbres du Stabat mater : il nous en offre une version éminemment dramatique, dans un style galant, orné et distingué, nourrissant l’émotion la plus vive.


Antonio VIVALDI, Gloria e Imeneo >> télécharger la présentation du programme


Au programme
Antonio VIVALDI Gloria e Imeneo (Venise, 1725)

Effectif
mezzo-soprano, alto
cordes et basse continue (17 instrumentistes)

Durée du programme
65 minutes, sans pause.
L'œuvre peut cependant être divisée en deux et le programme complété par des pièces instrumentales de VIVALDI pour en faire un concert en deux parties.


Au cours des années 1720, alors qu'il est déjà en Italie l'un des compositeurs les plus connus et appréciés, Antonio VIVALDI compose trois serenate en l'honneur de la famille royale de France. L'une d'entre elles, pour mezzo-soprano, alto et orchestre à cordes, est connue aujourd'hui sous le nom de Gloria e Imeneo (RV 678). Le titre véritable — de même que la sinfonia introductive — n'est en réalité pas connu, le premier quaternion du manuscrit original ayant disparu. L'on sait par contre que Gloria e Imeneo fut commandé à l'occasion du mariage de Louis XV avec la princesse polonaise Maria Lesczynska et exécuté le soir du 12 septembre 1725 dans les jardins de l'ambassadeur français à Venise. Comme c'est le cas pour la majorité des serenate composées en ce temps, il n'est pas question ici de véritable intrigue. Les deux protagonistes, à savoir Hymen, la divinité du mariage, et Gloria, la personnification de la gloire éternelle, surenchérissent dans l'enjolivement du brillant avenir désormais assuré de la monarchie française et, usant d'un langage très fleuri, dans l'expression de vœux de bonheur adressés au jeune couple royal.
Le manque manifeste de contenu dramatique dans le livret de Gloria e Imeneo est largement compensé par la qualité exceptionnelle de la musique. Nous sommes ici en présence d'un VIVALDI au sommet de son art : ainsi alternent dans les arias virtuosité, élégance, émotion et force d'expression dramatique, comme cela ne se rencontre que dans ses opéras de la meilleure facture. Certains arias prennent même l'allure de véritables rengaines comme les mélodies inoubliables de ses concerti les plus célèbres. Les récitatifs en revanche sont courts et bien corsés. Ils ne détournent en aucune manière l'attention de ce à quoi Vivaldi et ses commanditaires français accordent la plus haute importance : une bonne heure durant jouir sans retenue d'une musique baroque délicieuse, rebondissante et entraînante.



 
   
Dernière mise à jour : 20.12.12
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